4962433 vues
armoirie
le ministre
logo
Document sans titre

Actualité



MENA Adresse du professeur Mariatou KONÉ à l’occasion de la passation de charges Sam. 31 Janvier 2026
photo


Vendredi 30 janvier 2026 / DECO

Monsieur le Ministre de l’Éducation Nationale, de l’Alphabétisation et de l’Enseignement Technique
Monsieur le Ministre délégué de l’Enseignement technique
Monsieur le Secrétaire Général du Gouvernement

Mesdames et messieurs les membres des cabinets ministériels
Mesdames et messieurs, chers collaborateurs de l’ancien ministère de l’Éducation nationale et de l’Alphabétisation

Chers partenaires sociaux, chers partenaires techniques et financiers
Mesdames et messieurs,

Je voudrais, à l’entame de mon propos, saluer et féliciter Monsieur le Ministre Koffi N’GUESSAN pour sa reconduction au Gouvernement. Par sa nomination, le Président de la République, Son Excellence Monsieur Alassane OUATTARA confie le département ministériel en de très bonnes mains.

Monsieur le Ministre, cher frère, je voudrais te souhaiter un plein succès dans la conduite de cette nouvelle mission qui touche à la formation des ressources humaines, appelées à soutenir le développement durable de notre pays, dans la vision de la grande Côte d’Ivoire du Président de la République.

Mesdames et messieurs, c’est avec un sentiment mêlé d’émotion et de satisfaction que je prends la parole ce jour, marquant un passage de témoin à la tête du ministère en charge de l’Éducation nationale et de l’Alphabétisation. En effet, cela fait pratiquement cinq (5) ans, c’est-à-dire depuis le 6 avril 2021, qu’il a plu au Président de la République, Son Excellence Monsieur Alassane Ouattara, de me porter à la tête du ministère de l’Éducation nationale et de l’Alphabétisation. Je voudrais, en cette occasion, réitérer solennellement mes vifs et sincères remerciements pour cette marque de confiance et pour le soutien constant qu’il n’a eu de cesse de me manifester tout au long de cette mission exaltante.

Ce soutien m’a permis d’aborder avec sérénité, ce mandat et surtout de relever les nombreux défis qui caractérisent ce ministère stratégique, qui occupe une place de choix dans son programme de gouvernement. En effet, il convient de rappeler que cette nomination est intervenue dans un contexte assez particulier pour notre système éducatif qui, nonobstant des acquis notables enregistrés en matière d’accès à l’éducation à la sortie de la crise post-électorale de 2011, faisait face à une crise des apprentissages.

Cet amer constat, corroboré par les résultats peu honorables aux évaluations du PASEC 2014 et 2019, mettait ainsi tous les acteurs du système éducatif — administration scolaire, parents d’élèves, élèves, enseignants, partenaires techniques et financiers, et j’en passe — face à leurs responsabilités. C’est ainsi que, tel un médecin, nous avons procédé à un diagnostic approfondi de notre système éducatif à travers l’organisation des États généraux de l’Éducation nationale et de l’Alphabétisation (EGENA), de façon participative et inclusive, en donnant la parole à tous les acteurs.

Le rapport des États généraux de l’Éducation nationale et de l’Alphabétisation a été adopté par le Gouvernement en Conseil des ministres le 3 mai 2023. Rappelons que les recommandations issues de ces consultations nationales autour de l’école ivoirienne, dans la perspective d’une amélioration sensible de la qualité et de la performance, marquée par un saut de l’inclusivité, de l’équité et de la transparence, ont abouti à l’identification de quarante-deux (42) leviers transformateurs répartis en six (6) axes majeurs, pour un coût global de plus de 866 milliards de francs CFA sur dix (10) ans.

Pour l’application de ces recommandations, sous la vision éclairée et le leadership de Son Excellence Monsieur Alassane Ouattara, nous avons fait le tour des principaux partenaires techniques et financiers, bilatéraux — France, États-Unis, Italie, Chine — et multilatéraux — UNESCO, UNICEF, Banque mondiale, BAD, etc. — afin de mobiliser les ressources nécessaires. Grâce à ces appuis considérables, nous avons entamé ou mis en œuvre plusieurs réformes et projets dont les résultats sont visibles à ce jour.

Au titre des réformes, je peux citer le retour de la dictée pour renforcer les compétences en lecture et en écriture, le retour des coefficients différenciés par discipline et du calcul mental pour améliorer les compétences en mathématiques, le lancement des contrats d’objectifs et de performance pour insérer la culture de la bonne gouvernance, de la redevabilité et de la performance. La mise en place du Programme national d’amélioration des premiers apprentissages scolaires (PNAPAS) pour renforcer les compétences et les pratiques pédagogiques. La révision des programmes éducatifs en vigueur depuis trente (30) ans à travers la réforme curriculaire pour l’alignement des contenus sur les compétences du XXIᵉ siècle et les besoins du marché de l’emploi. La révision de la loi sur l’Éducation nationale et l’Alphabétisation qui est en cours de finalisation. La digitalisation de l’éducation à travers la mise en place du Système intégré de gestion de l’éducation (SIGE) et l’élaboration d’une Stratégie nationale de digitalisation de l’éducation en Côte d’Ivoire (SNDECI), l’instauration d’une classe de pré-primaire dans toutes les écoles primaires existantes et à construire, avec en priorité les zones rurales. L’actualisation des normes et standards de la carte scolaire ainsi que du décret d’organisation de la carte scolaire datant de 1995.

Monsieur le ministre, plusieurs réformes ont été faites, je voudrais m’arrêter là.
Au titre des projets et programmes, nous pouvons citer le programme Child
Learning Education Facility (CLEF), né d’un cofinancement de l’État de Côte d’Ivoire et des industries et entreprises privées du chocolat, de fondations philanthropiques, qui vise la promotion de l’accès à une éducation de qualité pour les enfants des zones de production cacaoyère que sont Soubré, Divo, Duékoué, Issia, Daloa, San Pedro et Guiglo. Il y a également le Programme de renforcement du système éducatif de base (PRESEB), qui vise à améliorer la gouvernance du système, renforcer l’accès à l’éducation, améliorer la qualité des apprentissages et promouvoir l’alphabétisation. On peut citer le Programme d’appui à la transformation de l’éducation de base (PATEB), notamment pour l’amélioration des apprentissages fondamentaux. Il y a également le Contrat de désendettement et de développement (C2D3), le projet d’appui à la réforme du collège.

Monsieur le ministre, mesdames et messieurs, je voudrais traduire également ma gratitude à Monsieur Robert Beugré MAMBÉ, Premier ministre, Chef du Gouvernement, sensible à la chose éducative, dont le soutien a également été constant pour la prise en compte des préoccupations qui lui ont été régulièrement soumises.

Mesdames et messieurs, il apparaît clairement que de nombreuses initiatives ont été engagées afin d’éviter à notre système éducatif, un naufrage dont les conséquences auraient mis à mal la bonne dynamique socio-économique entamée par notre pays depuis 2011 sous le leadership du Président de la République, Son Excellence Monsieur Alassane Ouattara.

Tous ces efforts consentis, notamment sur la période 2021-2025, ont abouti à une transformation significative de notre système éducatif et se sont matérialisés par les résultats suivants : l’amélioration significative des indicateurs de scolarisation au préscolaire, au primaire et au secondaire. À titre d’illustration, de 2021 à 2025, le taux de scolarisation s’est accru d’environ quatorze (14) points de pourcentage au secondaire premier cycle. Le taux d’alphabétisation s’est amélioré, notamment chez les jeunes de 15 à 24 ans, avec une nette progression passant de 62,7 % en 2021 à 72,8 % en 2025, selon les résultats de l’enquête 2025 sur l’alphabétisation et l’éducation non formelle en Côte d’Ivoire, réalisée par l’ANSTAT sous l’égide du MENA, soit une hausse d’environ dix (10) points de pourcentage.

La scolarisation de la jeune fille a connu une nette progression aussi bien en milieu urbain qu’en milieu rural. La parité en matière de scolarisation s’est inversée en faveur des filles au préscolaire, au primaire et au secondaire premier cycle. L’affectation des élèves a été concédée aux parents d’élèves à travers l’affectation en ligne en classe de sixième et l’orientation en classe de seconde. Chaque parent d’élève est libre de choisir l’établissement qu’il souhaite pour son enfant, aussi bien au public qu’au privé.

L’école a été davantage rapprochée des populations, notamment celles du milieu rural. Sur la période 2021-2025, nous avons enregistré l’ouverture de 11 941 nouvelles salles de classe au préscolaire et au primaire et de 391 collèges au secondaire, majoritairement des collèges de proximité. Les inégalités entre régions en matière d’infrastructures scolaires ont été réduites. La carte scolaire a été renforcée dans les régions moins nanties grâce à une politique de ciblage des localités basée sur les besoins réels.

La suppression des cotisations exceptionnelles exigées aux parents d’élèves à travers les COGES est effective. Le Gouvernement octroie chaque année dans l’ordre de 18,4 milliards de francs CFA de subventions aux COGES et des actions ont été menées pour réduire considérablement les délais de paiement.
Le climat social dans le secteur de l’éducation a été apaisé à travers l’instauration d’un cadre permanent d’échanges avec les partenaires sociaux que je voudrais saluer. Le phénomène des grossesses en cours de scolarité a connu une baisse notable de près de 36,5 %, notamment grâce au rapprochement des élèves de leurs parents, en lien avec la politique de construction de collèges de proximité et celle de l’affectation en ligne.

La gratuité de l’école a été renforcée avec la distribution gratuite des kits et manuels scolaires à tous les enfants du primaire. La promotion de l’école inclusive s’est matérialisée par l’ouverture de classes inclusives et la distribution gratuite de kits scolaires pour les malentendants et les malvoyants. Les travaux de construction de quinze (15) lycées d’excellence de jeunes filles avec internat se sont accélérés et ces établissements sont sortis de terre. Sur ces quinze (15) lycées d’excellence, sept (7) ont effectivement ouvert leurs portes au cours de cette année scolaire.

Le démarrage, au cours de la présente année scolaire, de la phase expérimentale d’introduction des nouveaux curricula dans cinquante-quatre (54) établissements scolaires et cinquante-trois (53) écoles primaires. La gouvernance du système éducatif a été renforcée avec l’instauration des COP (Contrats d’objectifs et de performance) entre le niveau central et les structures déconcentrées, l’instauration du concours régionalisé de recrutement des enseignants du primaire, et la lutte contre la fraude aux examens s’est renforcée avec une baisse significative du nombre de cas de fraude, passé de 16 428 cas en 2020 à 2 390 en 2025.

Les résultats aux examens scolaires se sont nettement améliorés :
CEPE : 52,51 % en 2021 et 86,58 % en 2025, soit une hausse de plus de 34,07 % ;
BEPC : 22,89 % en 2022 et 51,41 % en 2025, soit une hausse de plus de 28,52 % ;
BAC : 29,24 % en 2021 et 40,15 % en 2025, soit une hausse de plus de 10,91 %.
Monsieur le Ministre, Monsieur le Secrétaire Général, mesdames et messieurs, comme vous le constatez, nous avons parcouru ensemble un si long chemin en si peu de temps, grâce à l’engagement et à la contribution de chacun.

Durant ces années, nous avons mis notre savoir, notre savoir-faire et notre savoirêtre au service de l’école ivoirienne avec passion et détermination, ce qui nous a valu les résultats mentionnés précédemment.

Toutefois, le chemin de l’école ivoirienne vers l’excellence reste encore long. De nombreux chantiers, en termes de programmes, projets et réformes, sont couverts et à couvrir. Il s’agit notamment de la poursuite de la mise en œuvre des projets majeurs que sont le CLEF, le PRESEP, le PATEB et le C2D3 ; la poursuite de la construction des 3 000 salles de classe dans le cadre du PRESEP ; le lancement de la construction des 78 collèges à base 2 et base 4 dans le cadre du C2D3 et du PRESEP ; la poursuite de la mise en œuvre du PNAPAS ; la poursuite de l’expérimentation des nouveaux programmes dans le cadre de la réforme curriculaire, avec une phase d’extension prévue pour la rentrée prochaine ; le lancement de la phase pilote de l’ouverture des classes virtuelles pour pallier le déficit d’enseignants, notamment dans les disciplines scientifiques ; la finalisation de la loi sur l’Éducation et l’Alphabétisation ; la mise en œuvre effective de la stratégie nationale de digitalisation de l’éducation avec l’extension du SIGE ; la redynamisation de la Bourse nationale du manuel scolaire (BONAMS) ; l’approfondissement de la réflexion sur le renforcement des effectifs d’enseignants, notamment en mathématiques, sciences physiques et sciences de la vie et de la terre, pour combler le déficit dans ces disciplines ; la poursuite de la réforme des COGES ; l’extension des COP à d’autres services déconcentrés (IEP, collèges, CAFOP, écoles primaires) ; la poursuite de la mise en œuvre des recommandations des EGENA, notamment les 42 leviers transformateurs.

Monsieur le ministre, les activités à court terme sont les suivantes :
Lundi 2 février 2026 : cérémonie marquant la mise en mission des directeurs régionaux pour l’organisation des journées carrières régionales ;
Mercredi 04 au vendredi 06 février 2026 : bilan des activités des directions centrales pour préparer le plan de travail annuel budgétisé ;
Lundi 9 février : bilan des activités des directions régionales ;
Vendredi 13 février : lancement de la phase pilote de l’ouverture des classes virtuelles pour le secondaire.

D’autres activités sont prévues, mais je vais passer.
Monsieur le ministre, j’insiste sur ces activités parce qu’au ministère de l’Éducation nationale et de l’Alphabétisation, nous avons opté pour la transparence et la redevabilité dans la gestion des biens publics. À ce titre, avec les partenaires, notre action était axée sur les résultats. Ainsi, lorsque nous menons une activité dans les délais requis et que cette activité est effectivement réalisée, les partenaires nous accordent un bonus ; et lorsque l’activité n’est pas réalisée dans les délais, c’est plutôt un malus. C’est ainsi que nous avons financé nos actions et réussi à donner de la visibilité au ministère de l’Éducation nationale. C’est pourquoi j’insiste sur ces activités qui ne doivent pas dépasser les délais requis, sinon nous perdons des financements.

Monsieur le ministre, Monsieur le Secrétaire Général du Gouvernement, mesdames et messieurs, je voudrais saluer et remercier tous nos partenaires techniques et financiers, dont le ferme engagement pour une école de qualité, d’inclusion, d’équité et de transparence a permis de conduire, dans de bonnes conditions, la tenue des États généraux de l’Éducation nationale et de l’Alphabétisation. Actuellement, leur appui nous permet de mettre en œuvre l’opérationnalisation des recommandations qui en sont issues. Chacun, à son niveau, a apporté sa pierre à l’édifice.

Il me plaît à présent d’adresser une reconnaissance appuyée à l’ensemble des collaboratrices et collaborateurs du ministère de l’Éducation nationale et de l’Alphabétisation, quel que soit le niveau auquel ils se situent : des équipes centrales aux structures déconcentrées, des enseignants aux personnels administratifs et techniques, pour leur professionnalisme, leur sens du devoir et leur engagement constant au service de l’école. Merci, chers collaborateurs.

Monsieur le ministre, vous aurez affaire à des travailleurs chevronnés. Les résultats que nous célébrons aujourd’hui sont avant tout, le fruit d’un travail collectif, d’une mobilisation quotidienne sur le terrain, souvent dans des conditions difficiles, mais toujours avec le même esprit de service public. Je voudrais rendre hommage et adresser des remerciements particuliers à tous ces collaborateurs, à toutes et à tous, les directeurs centraux que je ne peux tous citer, je dis MERCI. Merci pour votre loyauté. Merci pour votre persévérance. Merci pour votre foi en l’avenir de notre système éducatif. Vous pouvez être fiers du chemin parcouru et de l’impact réel de votre action sur la vie de millions d’enfants et de millions de familles ivoiriennes.

Monsieur le Ministre, mesdames et messieurs, j’ai institué, dès ma prise de fonction, un échange direct et permanent avec tous les acteurs de l’école ivoirienne, particulièrement les partenaires sociaux que sont les associations corporatistes et les organisations syndicales de mon département ministériel. Le dialogue a été l’âme principale pour surmonter certaines difficultés et contradictions conjoncturelles par la concertation. Grâce à leur sens de la responsabilité, ils ont permis le déroulement normal de l’année scolaire et l’expression du droit à l’éducation de nos enfants. Je voudrais chaleureusement les saluer et les remercier pour leur contribution à une école apaisée, l’un des piliers du système éducatif.

Il n’y a pas d’école sans communauté d’accueil et sans parents d’élèves. Je voudrais saluer et remercier les organisations de parents d’élèves, toutes les Ivoiriennes et tous les Ivoiriens qui, dans leurs différentes composantes, ont adhéré avec ferveur à la vision d’une école de qualité pour tous et qui se sont mobilisés activement lors des travaux des EGENA. Ils ont prouvé que l’école ivoirienne est l’affaire de tous et qu’elle est au-dessus des intérêts partisans et particuliers. Il s’agit d’un bien commun qui doit être fédérateur, quelles que soient nos origines géographiques, quelles que soient nos catégories sociales, nos appartenances et nos différences ethniques, religieuses ou politiques.

Monsieur le ministre, Monsieur le Secrétaire Général du Gouvernement, mesdames et messieurs, nous n’avons peut-être pas tout réussi, mais nous croyons avoir donné le maximum avec détermination, engagement et loyauté. Je souhaite bonne chance et bonne continuité à mon collègue et frère, Monsieur le ministre KOFFI N’GUESSAN, dont les qualités humaines et professionnelles ne souffrent d’aucun doute dans l’œuvre de construction et de consolidation de l’école ivoirienne à la tête de ce ministère.

Monsieur le ministre, je reste disponible pour maintenir la nécessaire collaboration, afin d’optimiser les résultats que nous attendons tous et vous aider à réussir.
Vive l’école ivoirienne de qualité et de mérite, dans la transparence et dans l’unité.
Je vous remercie pour votre aimable attention.